L’histoire d’Yerres

De l'histoire d'Yerres, il est question dés le XVIIIe siècle dans quelques publications, ancêtres de nos guides touristiques. Si l'Abbé Leboeuf, dans son histoire du diocèse de Paris, en pose des jalons importants, à côté d'autres études, aucun travail complet n'a encore été publié sur ce sujet.

Une grande partie de nos archives anciennes étant conservée aux Archives Départementales, l'amateur devra se contenter de connaissances assez éparses. Pourtant Yerres, par ses monuments (depuis le XIIe siècle) et par l'aménagement des parcs au XIXe siècle, recèle un patrimoine historique digne d'intérêt.

L'un des motifs d'attraction attribué en 1990 à notre ville par l'INSEE est la curiosité naturelle. Un plateau coupé par les vallées de l'Yerres et du Réveillon, aux versants bien exposés, riche de sources nombreuses, forme un relief conséquent (Alt. de 30 m à plus de 115 m). Les terres à vignes, les forêts et prairies s'étendant autour du village ancien ont longtemps caractérisé le paysage yerrois jusqu' à l'aube du XXe siècle.

L'histoire du village commence avec l'édification au confluent des deux rivières de l'Abbaye Notre-Dame d'Yerres (entre 1120 et 1132). 44 abbesses Bénédictines l'administrèrent jusqu'à la Révolution, lui donnant à certaines périodes un grand rayonnement.

En 1103, le premier seigneur connu est Guillaume de Hierra. Le château dont il reste les tours, place du 11 novembre est du aux Budé au XVe siècle.. On peut relever que les seigneurs et les abbesses entrèrent souvent en conflit à propos des droits attachés aux moulins, ou à la justice. D'interminables procès en résultèrent. Au fil de l'histoire, l'Abbaye et le Château seigneurial furent plusieurs fois reconstruits.

 

Des hommes illustres

La famille Budé donna à Yerres plusieurs générations de seigneurs aux XVe et XVIe siècle. Le célèbre helléniste Guillaume Budé, proche du roi François 1er, était le frère de l'un des seigneurs à la deuxième génération ; il ne fut jamais seigneur d'Yerres, bien qu'il possédât une maison proche du château, où se trouve une fontaine, qui inspira les poètes.

En 1642, le duc d'Angoulême, seigneur de Grosbois et d'Yerres, donna à des moines originaires d'Italie, les Camaldules, un terrain pour y édifier leur monastère. Ils suivaient la règle austère de St- Benoît, vivant dans des cellules, cultivant un lopin de terre. Pour survivre, ils consentirent à recevoir des hôtes, souvent des personnages importants, tel le prince François Ràkoczy, héros libérateur de la Hongrie.

François Ràkoczy fit retraite au monastère des Camaldules de Grosbois de 1715 à 1717, où il écrivit ses mémoires en français. Il avait souhaité que son coeur soit déposé après sa mort dans une urne en or pour y être gardé dans le cimetière des moines ; mais jamais l'urne n'a pu être retrouvée. Selon certains historiens, cela relève de la légende.

À la Révolution, les Camaldules subirent le sort de beaucoup d'ordres religieux et furent chassés. Les bâtiments du monastère, de construction légère, tombèrent alors en ruine. Il n'en reste que peu de traces aujourd'hui

On peut relever que Pierre Larousse posséda une maison en 1866 dans l'enclos du couvent de Concy. On dit qu'il y vint chaque jour depuis Paris pour terminer son grand dictionnaire universel.

Enfin, le peintre Gustave Caillebotte qui joua un rôle de premier plan comme soutien des Impressionnistes, aura marqué notre histoire dans la propriété familiale qui porte son nom (de 1860 à 1879). Il y réalisa plus de 80 tableaux de peinture dont certains se trouvent dans les musées du monde entier.