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La Biennale de sculpture s’installe

Pensée et préparée très en amont la Biennale de sculpture est une manifestation chouchoutée par de nombreux services communaux. Une organisation certes longue (un an), mais qui fait toute la qualité de l’événement.
Les visiteurs ne s’y trompent d’ailleurs pas puisqu’ils ont répondu présents dès l’année 2007, date de la première édition.

Deux semaines avant l’inauguration de la Biennale de sculpture, c'est le branle-bas de combat à Yerres. Paul-Louis Rinuy (ci-contre), commissaire d'exposition de cette 3e édition, accompagné de Anne-Christine Dufour, directrice du patrimoine et des affaires culturelles de la ville d'Yerres, gère, entre autres, l'installation des oeuvres qui arrivent petit à petit à la propriété Caillebotte. Une tension palpable qui est à la hauteur de l'événement : une manifestation culturelle qui se veut être une référence en matière de sculpture contemporaine.

Et cette édition 2011 a ceci de spécifique qu’elle s’articule autour d’un thème ("Inventer des mondes singuliers"). Une nouveauté désirée tant par Paul-Louis Rinuy que par la ville. S’ajoute à cela une volonté de sélectionner les artistes de façon plus exigeante et ce, qu’ils soient « jeunes artistes tout juste diplômés d’écoles d’art, reconnus pour leur maturité ou de grands maîtres ayant une valeur historique reconnue ».

Des sculptures taillées à la tronçonneuse

Parmi un panel de 39 artistes, les Yerrois pourront découvrir le travail du bois et de la résine et fibre de verre de Cyrille André (ci-dessous à côté de "Grand passeur"). Cet artiste trentenaire qui travaille à Grenoble et Marseille a l'habitude de tailler directement ses grandes pièces de bois à la tronçonneuse. Pour la biennale, il propose cinq oeuvres dont "un groupe de trois pièces en résine qui fonctionne ensemble" et qui sera installé dans le parc. Grand passeur (2009), Chien rêveur 1 et Chien rêveur 2 (2010) ont été taillés dans le polystyrène puis recouverts de fibre de verre et de résine colorée en noir. "Une couleur originelle" explique Cyrille André, "qui fait penser au charbon". Et une oeuvre qui transpire la réflexion sur le rapport entre la figure humaine et animale.

" Une biennale internationale"

Autre génération, autre style, celui de Denis Monfleur (ci-contre dans la cour de son atelier). Sculpteur réputé, présent dès la première manifestation, il dit apprécier le lieu et les nouveautés de cette édition : " Cette biennale est plus internationale que les premières, et elle permet de présenter des oeuvres monumentales autant qu'intimes". Et d'ajouter à propos du thème : "Il colle complètement à l'idée que je me fais de mon travail. La réalisation d'une oeuvre, c'est la vision d'un monde. Pour qu'elle apporte quelque chose à l'humanité, il faut qu'elle soit singulière. Il faut laisser ensuite chacun la regarder avec son propre regard. L'artiste n'existe plus, un langage s'établit entre l'oeuvre et le spectateur."
De Denis Monfleur, les Yerrois connaissent bien sûr les "Têtes Monumentales" disposées devant la Ferme Ornée depuis octobre 2010. Ils connaîtront désormais "Le Tribun noir", réalisé spécialement pour la biennale. Sa particularité ? Il a été conçu en orgue basaltique. Le sculpteur explique : "C'est la première fois que je présente une telle oeuvre. Cette pierre est particulièrement fissible." D'où son intérêt. Car Denis Monfleur n'est pas homme à faire dans le conventionnel. Mais il précise : "Ce n'est pas par défi, mais par intérêt car cette pierre est quasiment indestructible. La sculpter rend les "poli miroirs" incroyables. Et cela me permet de sortir la tête du rang. Car cette pierre, après concassage est utilisée traditionnellement pour faire les enrobés des routes. Les ingénieurs sont d'ailleurs étonnés qu'un sculpteur s'y intéresse."

"Magma", une oeuvre praticable


Le travail de Denis Monfleur sur cette pierre volcanique qu'est l'orgue basaltique interpellera sans nul doute Charlotte Charbonnel (ci-dessous). Cette jeune diplômée de l'école des Beaux-Arts de Tours travaille en effet aux frontières de la science et de l'art, mêlant vidéos, sculptures et sons. Elle se dit d'ailleurs "artiste chercheuse". Cette première participation à la biennale s'est faite très simplement : "J'ai visité le site il y a deux, trois mois et je l'ai trouvé très beau. La muséographie a été bien pensée. Et ce qui se fait dans la création contemporaine m'intéresse, car je mélange beaucoup de médiums. J'ai donc souhaité m'inscrire dans cette manifestation qui regroupe des personnalités très différentes."
Au 1er étage de la Ferme Ornée, le visiteur découvrira "Magma" (2008), une oeuvre en trois parties constituée de bois, métal et de lumière qui représente "la terre en mouvement sous nos pieds". "J'ai résumé le paysage très simplement et symboliquement", dit-elle. Les visiteurs pourront par ailleurs "pratiquer" cette oeuvre (lors des Journées du Patrimoine notamment), puisqu'aux côtés de Charlotte Charbonnel, munis de sur chaussures, ils auront l'autorisation de monter sur cette sculpture mécanique et faire apparaître l'intérieur, après quelques mouvements de gauche à droite et d’avant en arrière.

39 sculpteurs présents, c'est autant d'univers originaux à découvrir. Chaque visiteur trouvera son compte qu'il soit attiré plutôt par la sculpture classique ou anti-conformiste. La sélection des artistes a d'ailleurs été effectuée avec l'ambition de montrer différents langages créatifs, formes et techniques plastiques qui témoignent de la richesse de la sculpture d'aujourd'hui.
Le petit milieu de la sculpture contemporaine devra désormais compter sur la Biennale de sculpture d'Yerres. Un hommage comme on en fait peu à Gustave Caillebotte, mécène en son temps...


3e Biennale de sculpture du 16 septembre au 27 novembre.
Entrée libre. Exposition visible aux heures d’ouverture de la propriété Caillebotte. À la Ferme Ornée : ouvert du mercredi au vendredi de 14h30 à 18h30, les samedis, dimanches et jours fériés de 10h à 12h et de 14h30 à 18h30.

Un colloque sur le thème "La sculpture, aujourd’hui"  aura lieu le 18 octobre 2011, de 9h à 18h, à l’INHA (rue Vivienne, 75002 Paris). Y participeront de nombreux sculpteurs exposants, mais aussi des conservateurs de musée et des historiens de l’art spécialistes de la sculpture contemporaine.

Renseignements auprès du service culturel : 01 69 48 93 93

pdf.gifTéléchargez le guide de la Biennale de sculpture
 

     

 

 
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