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Un nouveau visage pour l'Abbaye Notre-Dame
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Renaissance d’une abbaye |  Protections réglementaires de l’Abbaye |  Le point de vue architectural |  Quatre arpents pour une abbaye, la vidéo du spectacle
Sur le site de l’Abbaye Notre-Dame d’Yerres, près de 9 siècles d’Histoire ont été parcourus. En cette rentrée 2009, ce ne sont pas moins de 8 années de travaux qui s’achèvent pour que les bâtiments connaissent une nouvelle vie.

Visualiser la vidéo du spectacle inaugural
Renaissance d’une abbaye
Une de plus, diront les personnes qui s’intéressent d’un peu plus près à l’histoire des lieux. On connaît peu de choses de l’activité sur le site à l’époque gallo-romaine, mais une présence est attestée. À partir de 1132, l’Abbaye sort de terre et accueille une communauté de Bénédictines. Les constructions évoluent au fil des siècles, des besoins des religieuses et des vicissitudes de l’Histoire. La Révolution Française mettra un terme au caractère spirituel des lieux. En 1793, l’Abbaye est vendue au titre des Biens Nationaux.
Elle accueillera durant plus d’un siècle une activité industrielle. En 1834, un négociant parisien du nom de Guibout transforme les lieux en filature. Cette activité se poursuit jusqu’au milieu du 20e siècle, mais les propriétaires changent : MM. Perilleux et Michelet rachètent l’abbaye en 1870. Dans les années 1880, la famille Blazy crée la société des Laines et Tricots BZF. Celle-ci est à l’origine de nuisances (rejets polluants dans l’Yerres, assainissement). L’activité décline, puis est abandonnée en 1945.
Une nouvelle page est écrite par Geep Industries (Groupe d’Etudes et d’Entreprises Parisiennes) qui emménage dans l’Abbaye en 1965. Cette entreprise est spécialisée dans les constructions scolaires industrialisées. On lui doit aussi le CEC. La société entreprendra d’importants travaux, mais n’exercera son activité à Yerres que 13 années, avant de se trouver en faillite puis en liquidation judiciaire.
Dès lors, le monument yerrois est livré à lui-même et se détériore avec le temps. Un promoteur tentera bien de proposer à l’équipe municipale un programme immobilier de 300 logements qui aurait défiguré le site. Ce projet n’est pas du goût de la nouvelle Municipalité arrivée en 1995.
Elle adopte un Plan d’Occupation des Sols qui préserve notamment l’Abbaye de toute construction qui endommagerait le monument et ses abords.
Protections réglementaires de l’Abbaye
Dès 1929 la porte du Réfectoire et la façade ouest du Dortoir ont été classées au titre des Monuments Historiques. L’inscription à l’inventaire supplémentaire de l’ensemble des terrains et des bâtiments date du 1er avril 1996. Elle est venue renforcer la protection de l’ensemble du site. Cette mesure de sauvegarde a vu le jour grâce aux efforts de la Société d’Art, Histoire et Archéologie de la Vallée de l’Yerres et de quelques habitants de la région. Elle implique que tout promoteur s’engage à réhabiliter les bâtiments existants.
Mais la Ville n’a pas les moyens financiers d’acquérir et de rénover les lieux à ses frais. Le site de l’Abbaye est racheté en 2001 par la société de gestion de patrimoine «Financière du Cèdre». Dès lors, un ambitieux projet de réaménagement a été mené, avec le souci de redonner aux lieux un peu de leur faste d’antan.
Les travaux débutent par la restauration de la Maison de l’Abbesse et de la Pharmacie. Dix-neuf logements y sont créés. Ils sont habités depuis 2004. Puis les Béguinages sortent de terre à la place d’anciens hangars qui servaient à l’activité industrielle et dissimulaient le bâtiment principal. Cette nouvelle construction respecte l’esprit d’ensemble. Les bâtiments sont livrés en 2007. Ils abritent 55 logements et des bureaux, ainsi que la Protection Maternelle et Infantile.
Reste le bâtiment principal, mal en point : le Dortoir. L’imposant édifice était proche de l’effondrement. Deux incendies survenus en 2001 et 2002, auxquels s’ajoute un défaut de toiture, fragilisent les murs, attaqués par l’humidité.
Les fondations sont consolidées grâce à la pose de micro-pieux à 7 mètres de profondeur. Puis les murs sont repris en maçonnerie par des tailleurs de pierre. Un temps, l’intérieur du Dortoir n’est constitué que d’une seule et même pièce, renforçant l’immense perspective des lieux. Puis les différents niveaux prennent forme, ainsi que la toiture, entièrement refaite. Depuis plusieurs mois déjà, le Dortoir abrite des bureaux et quelques logements.
Les aménagements extérieurs (parking, plantations) ont achevé ces travaux de longue haleine.
Le point de vue architectural
De 2001 à aujourd’hui, 3 architectes se sont succédés sur ce chantier d’envergure. Ils travaillent main dans la main avec celui des Monuments Historiques, mais aussi avec la Ville.
Vu l’état des bâtiments, les différents interlocuteurs se sont mis d’accord sur la conservation de l’existant au niveau extérieur (ouvertures, notamment) et sur un aménagement intérieur en adéquation avec son temps, tout en laissant transparaître quelques traces anciennes quand cela était possible.
S’il avait fallu restituer le Dortoir tel qu’il existait, on aurait eu alors une salle d’un seul tenant, entièrement ouverte, dans laquelle il n’aurait pas été possible d’accueillir manifestations, activité économique ou logements, ce qui n’intéressait ni la Mairie, ni le promoteur. Sans compter que le temps et les aléas climatiques avaient fait leur œuvre, fragilisant l’édifice qui avait besoin des techniques modernes pour subsister.
L’Histoire n’est pas pour autant absente des lieux. Dans les combles des éléments de charpente ont été conservés. Une restitution hypothétique d’un vitrail a été entreprise. Seul l’encadrement subsistait. Une porte en bois et son encadrement en pierre reflètent aussi leur époque. Une autre, plus modeste, a été restituée.
Concilier le passé et le présent
La difficulté architecturale aura surtout de suggérer une harmonie d’ensemble à un site qui n’aura été qu’une succession de constructions et reconstructions. Le Dortoir est le bâtiment le plus ancien, mais il ne reste quasiment plus rien du bâtiment d’origine ; la Pharmacie et la Maison de l’Abbesse sont du 18e siècle ; les Béguinages n’existaient pas.
Les différentes époques ont été respectées dans leurs finitions. Des enduits pastellisés assez similaires ont été utilisés sur les Béguinages et le Dortoir, pour homogénéiser les bâtiments visibles depuis la rue Raymond Poincaré.
Les abords aussi ont été pensés pour concilier le passé et le présent. Le parking végétalisé restitue l’idée de potager et de verger. De teinte claire, les voies de circulation mettent en valeur le bâtiment. Mais elles ont été élargies pour s’adapter aux contraintes de sécurité actuelles et favoriser l’accès des services de secours.
Moulin de Mézières
Enfin, notons les efforts entrepris par la Municipalité avec l’inauguration en 2007 du site naturel des Deux Rivières. Au sein de ce nouvel espace naturel trône une roue à aube, vestige de l’ancien Moulin de Mézières, qui atteste de l’activité économique de l’Abbaye. Ce moulin entrait en concurrence avec celui du seigneur local. Mais les Bénédictines exerçaient ainsi leurs droits de seigneurs ecclésiastiques en fournissant de la farine aux nombreux fermiers qu’elles entretenaient alentour.
Quatre arpents pour une abbaye, la vidéo du spectacle
Le samedi 19 septembre, 9 siècles ont été revisités lors du spectacle «Quatre arpents pour une abbaye».
Ce conte narratif des temps modernes a plongé les spectateurs dans l’histoire de la ville d’Yerres et de son abbaye. Quatre arpents, c’est la longueur du terrain offert par Eustachie de Corbeil pour que s’y construise un monastère, d’abord en bois, élevé à la hâte, et qui deviendra plus tard l’abbaye que nous connaissons.
Au fil des siècles, l’Abbaye Notre-Dame d’Yerres connaîtra la gloire et l’opulence, mais aussi la déchéance, les maladies, les guerres de religion… Autant d’histoires fantastiques narrées durant 20 à 25 minutes et mises en lumière sur la façade du bâtiment restauré.
Prendre du plaisir et apprendre plein de choses
Un spectacle présenté par chapitres, écrit, conçu, mis en scène et en images et avec la voix de Franck-Luc Dancelme. Événements historiques, anecdotes, citations, ce spectacle se voulait vivant et aussi fidèle que possible à l’histoire des lieux. «Nous avons veuillé à ce que les gens prennent du plaisir à voir ce spectacle, tout en ayant le sentiment d’avoir appris plein de choses», affirme Franck-Luc Dancelme, chargé de la mise en scène du spectacle.






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