C’est une nouvelle qui a provoqué la colère des voyageurs. Le 21 août dernier, la SNCF annonçait la suppression de 12 trains quotidiens sur la branche Melun du RER D, qui dessert notamment la gare de Yerres.
Cette décision, annoncée seulement trois jours avant son entrée en vigueur et sans véritable concertation avec les communes concernées, est venue bouleverser le quotidien de milliers d’usagers. D’autant que 15 autres trains étaient également supprimés sur la branche Corbeil-Essonnes, soit 27 trains au total sur la partie sud de la ligne.
Dès le 28 août, Nicolas Dupont-Aignan et Olivier Clodong ont écrit à Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités, puis à Jean Castex, président-directeur général de la SNCF, et à Philippe Tabarot, ministre des Transports, pour réclamer des mesures immédiates. À la suite de l’intervention du maire, le directeur du Transilien et celui de la ligne D se sont déplacés à la mairie de Yerres pour une réunion de trois heures avec les élus. L’occasion de mettre cartes sur table et de faire toute la vérité sur les difficultés rencontrées par les usagers. Les responsables de la SNCF ont ainsi expliqué les trois principales raisons qui empêchent aujourd’hui le rétablissement immédiat des trains supprimés.
Des rames vieillissantes
Le matériel roulant est à bout de souffle suite au retard des livraisons des nouvelles rames. Les trains arrivant en fin de vie, les pannes sont plus fréquentes, les réparations plus
longues et les épisodes de canicule accentuent la fragilité des équipements. Le renouvellement du parc est donc devenu indispensable.
Des nouvelles rames au compte-gouttes
Les Rames Nouvelle Génération (RNG), promises depuis plusieurs années, arrivent progressivement. Mais leur mise en service se heurte à une difficulté supplémentaire : elles
ne sont pas opérationnelles dès leur livraison et doivent être préparées pendant plusieurs semaines au technicentre de Villeneuve-Saint-Georges (Pompadour).
Or, ce dernier fait lui-même l’objet d’importants travaux de modernisation, estimés à 660 millions d’euros, qui réduisent temporairement ses capacités d’accueil et d’entretien. Les nouvelles rames ne peuvent donc pas être mises en circulation aussi rapidement que prévu. Un comble ! On comprend dès lors pourquoi la SNCF a dû se résoudre à supprimer 12 trains sur la branche Melun.
Les travaux du technicentre devraient s’achever courant 2028. La reprise des livraisons des nouvelles rames est quant à elle annoncée pour mai 2027, avec un objectif de renouvellement complet du parc à l’horizon 2029.
Des infrastructures à moderniser
Voies, alimentation électrique, aiguillages et signalisation font également l’objet d’un vaste programme de modernisation, représentant près de 2,5 milliards d’euros d’investissement.
Indispensables pour améliorer durablement la fiabilité du RER D, ces travaux provoquent eux-mêmes de nombreuses perturbations, notamment en soirée, avec des interruptions de circulation parfois dès 22h30.
L’essentiel de ces chantiers devrait être achevé début 2028. À plus long terme, le déploiement du système NExTEO, attendu en 2031-2032, doit permettre d’augmenter la fréquence des trains. Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, les nouvelles rames actuellement livrées ne sont pas équipées pour fonctionner avec ce futur système ! Elles devront donc retourner en atelier pour être adaptées à NExTEO, alors même qu’elles viennent à peine d’entrer en circulation.
Une aberration qui laisse songeur sur l’anticipation et la coordination de ces investissements colossaux !
La fin des travaux du technicentre, la livraison des nouvelles rames et la bonne avancée des travaux de modernisation des voies devraient toutefois permettre une amélioration
progressive à partir de 2027.
La branche Melun défavorisé par rapport à Corbeil
Au-delà des difficultés techniques, les élus ont également dénoncé le déséquilibre persistant entre les deux branches sud du RER D.
En effet, les trains sont davantage déployés sur la branche Corbeil que sur celle de Melun, qui dessert Yerres. Cette différence s’explique notamment par une fréquentation plus importante sur la première, mais également par l’état des infrastructures, plus vétustes sur la seconde.
Pour autant, cette situation ne saurait justifier que les voyageurs de la branche Melun soient durablement pénalisés par une offre de transport insuffisante. La Municipalité a donc demandé à la SNCF une répartition plus équitable du matériel roulant disponible, notamment en cas de perturbations ou de suppressions de trains au départ de Paris.
Rétablir les trains sans attendre la fin des travaux
Si les explications apportées par la SNCF permettent de mieux comprendre les difficultés actuelles, elles ne sauraient satisfaire les milliers d’usagers qui subissent quotidiennement les conséquences de cette situation.
Les élus ont ainsi demandé que les trains supprimés soient progressivement rétablis, le plus vite possible, dès que l’avancement des travaux et la disponibilité du matériel
le permettront, sans attendre l’achèvement complet des différents chantiers. Ils réclament également un dédommagement des abonnés pénalisés par ces suppressions
et une meilleure information des voyageurs.
Car si la modernisation du RER D est indispensable, les Yerrois ne peuvent pas attendre plusieurs années supplémentaires pour retrouver un service public de transport digne de ce nom.
Les dates à retenir
- MAI 2027
Reprise prévue des livraisons des Rames Nouvelle Génération. La Région devra également commander une vingtaine de rames supplémentaires, les 134 déjà
commandées ne suffisant pas pour atteindre l’objectif de trois trains par quart d’heure sur la branche Melun. Cette commande reste, à ce jour, en attente. - COURANT 2028
– Achèvement prévu d’une partie des travaux sur les voies.
– Fin du chantier permettant la pleine capacité du technicentre modernisé. - 2029
Objectif de renouvellement complet des rames. - 2031-2032
Déploiement attendu du système NExTEO (technologie automatisée de gestion des convois, qui doit permettre d’augmenter la fréquence des trains, avec l’objectif de
trois trains par quart d’heure sur la branche Melun).
Bus de nuit de substitution
En raison des travaux sur la ligne, il arrive fréquemment qu’aucun train ne circule sur la branche Melun au-delà de 22h30. Des bus de substitution sont mis en place en gare de Lyon afin de pouvoir ramener les voyageurs en grande couronne (temps de trajet d’environ 45 minutes).
Le rendez-vous se fait en gare de Lyon, dans le Hall 2 le long de la voie 23 au niveau de la gare routière où des équipes dédiées sont présentes pour diriger les voyageurs. Les
bus sont présents de 23h à 1h00 et sont directs entre Paris et les communes du Val d’Yerres.