Depuis l’entrée en vigueur du nouveau contrat d’exploitation en août 2022, confié à Keolis par Île-de-France Mobilités (IDFM), les dysfonctionnements se multiplient sur le réseau Val d’Yerres Val de Seine : courses supprimées sans information préalable, retards à répétition, véhicules en panne, correspondances manquées avec le RER D…
Pourtant, malgré les réclamations répétées des habitants, les élus de la Communauté d’agglomération, chargée du suivi des transports sur notre territoire, minimisent l’ampleur des difficultés.
Face à ce manque de réaction, Nicolas Dupont-Aignan, Olivier Clodong et Vannina Ettori (Adjointe aux transports) ont décidé de prendre les choses en main. Se substituant à une Agglomération qui aurait dû être en première ligne, le maire a organisé plusieurs réunions de travail avec les responsables du réseau afin d’identifier précisément les causes des dysfonctionnements et les solutions à apporter.
Ils sont également intervenus directement auprès de Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités, pour réclamer des mesures urgentes. Ils ont écoutés les syndicats et le maire a effectué des visites surprises à la fois au siège de Keolis et sur le dépôt des bus. Ces échanges approfondis et répétés ont notamment permis de mettre en lumière une situation pour le moins ubuesque !
Des bus trop vieux... Qu'on ne peut plus remplacer !
Sur les 176 bus du réseau Val d’Yerres Val de Seine, 34 ont dépassé les 15 ans d’ancienneté. Ces véhicules, de plus en plus sujets aux pannes, nécessitent des réparations fréquentes et sont régulièrement immobilisés, entraînant des suppressions de courses. La situation est particulièrement préoccupante pour les midibus, indispensables à la circulation dans certaines rues de Yerres. Sur les 26 véhicules de ce type, 14 ont plus de 15 ans et un seul véhicule de réserve est disponible. Deux pannes simultanées suffisent à entraîner des suppressions !
Mais pourquoi ces véhicules ne sont-ils pas tout simplement remplacés ? C’est en cherchant à répondre à cette question que les élus ont découvert le pot aux roses ! La réglementation applicable au renouvellement du parc impose désormais le recours à des véhicules à motorisation propre. L’achat de nouveaux bus thermiques n’est donc plus autorisé dans les conditions actuelles.
Problème : contrairement au dépôt de Draveil, presque entièrement rénové, celui de Brunoy ne dispose toujours pas des installations nécessaires pour accueillir et recharger des bus électriques.
Résultat : impossible d’acheter de nouveaux bus thermiques, mais impossible également de mettre en circulation des bus électriques ! Pour continuer à assurer le service, Île-de-France Mobilités doit donc recourir à la location de bus thermiques. On marche sur la tête !
Treize véhicules supplémentaires ont ainsi été loués au cours du premier semestre 2026, sans suffire à résoudre les difficultés.
Dans un courrier du 9 octobre à Valérie Pécresse, le Maire a donc demandé la location de 34 bus neufs à motorisation thermique pour remplacer les véhicules vieillissants. Il a joint à son courrier des photos de bus rafistolés, indignes de circuler !
Il a mis la Région Île-de-France devant ses responsabilités en matière de sécurité des passagers.
Le dépôt de Brunoy : une situation bloquée depuis des années
Mais pourquoi le dépôt de Brunoy n’a-t-il toujours pas été modernisé ? Situé le long de la RN6, en bordure de la forêt de Sénart, il se trouve dans un secteur soumis à des contraintes de protection forestière relevant de l’Office national des forêts (ONF). Ces contraintes empêchent, à ce jour, la modernisation et l’électrification du site dans les conditions envisagées.
Depuis plusieurs années, les responsables des transports recherchent donc un autre emplacement susceptible d’accueillir un nouveau dépôt, sans parvenir à trouver de
solution satisfaisante à proximité. Un transfert vers une autre commune en dehors de l’agglomération est désormais envisagé. Une perspective à laquelle la Municipalité s’oppose fermement.
Un tel éloignement obligerait les bus à parcourir chaque jour de nombreux kilomètres supplémentaires pour rejoindre leurs lignes, puis regagner leur dépôt. Autant de trajets à vide qui entraîneraient une hausse des coûts d’exploitation, une usure accélérée des véhicules, davantage de pollution et de nouvelles contraintes pour les conducteurs.
Un paradoxe : au nom de la protection de l’environnement, on empêche la modernisation d’un dépôt, mais on maintient en circulation des bus anciens et polluants et on envisage de leur imposer des kilomètres supplémentaires !
Face à cette impasse, Nicolas Dupont-Aignan a écrit à Valérie Pécresse pour demander le réexamen des possibilités d’aménagement du site actuel, notamment en regroupant les
installations de maintenance et d’électrification sur la partie située en bordure de la forêt, le long de la nationale. L’objectif est de concilier la protection du massif forestier avec les besoins du service public de transport. Car cette emprise, située au bord d’un axe routier très fréquenté, ne constitue pas un espace de promenade forestière.
Pour la Municipalité, il serait incompréhensible de continuer à chercher pendant des années un nouveau terrain alors qu’une solution pourrait être étudiée sur le site existant.
Des horaires irréalistes et des correspondances mal assurées
Le manque de véhicules n’explique cependant pas toutes les difficultés. Les réunions de travail ont également mis en évidence des grilles horaires parfois impossibles à respecter.
Malgré des ajustements dès septembre 2026, les temps de parcours prévus ne tiennent pas suffisamment compte des conditions réelles de circulation, notamment aux heures de pointe. Un retard pris en début de service peut ainsi se répercuter sur les trajets suivants, jusqu’à provoquer des suppressions de courses.
À cela s’ajoute une coordination insuffisante avec le RER D.
Lorsque les horaires des trains sont modifiés en raison des travaux, ceux des bus ne sont pas toujours adaptés, pénalisant les voyageurs qui manquent leurs correspondances. Les lignes 4110, 4119, 4120 et 4121 sont notamment concernées par les difficultés signalées, tout comme les lignes scolaires 4154, 4155 et 4156.
La Municipalité demande donc une révision des grilles horaires pour les rendre réellement tenables, une meilleure coordination avec la SNCF et une information fiable des
voyageurs, notamment en cas de retard ou de suppression.
Elle réclame également le renforcement des équipes de médiation et de sûreté, dont les effectifs ne sont pas suffisants.
Alors que la Communauté d’agglomération devrait être en première ligne pour défendre les usagers, le maire de Yerres est bien obligé de poursuivre directement ses interventions auprès d’Île-de-France Mobilités et de Keolis pour obtenir des améliorations concrètes. Les Yerrois ne peuvent pas attendre plusieurs années supplémentaires pour retrouver des bus fiables et ponctuels.
Réclamations : comment faire entendre votre voix ?
Un bus supprimé, un retard répété, une correspondance impossible ? N’hésitez pas à signaler directement ces difficultés sur la plateforme de réclamations d’Île-de-France Mobilités. Vous pouvez également adresser une copie au Cabinet du Maire (cabinet@yerres.fr) ou le contacter si la réponse obtenue vous semble insuffisante.
N’hésitez pas également à signer la pétition en ligne disponible sur le site de la ville.